La disparition de la Baie de l’Etoile est-elle inéluctable en absence de statut de conservation particulier ?
Akhbar Nouadhibou - La Baie de
l’étoile, à proximité de Nouadhibou, est un écosystème complexe où les actions
anthropiques locales et le changement climatique peuvent avoir aussi un
retentissement sur d’autres parties du système de la Baie du Lévrier voir ailleurs
et inversement comme la Réserve Satellite du Cap Blanc et le PNBA avec
lesquels, elle est écologiquement interconnectée à travers la migration des
poissons (courbine, mulet), des oiseaux, l’effet de l’upwelling et les courants
marins.
L’organisation spatiale de ces
milieux protégés et la Baie de l’Etoile et les connexions entre eux
permettent-elles une bonne conservation de la biodiversité faunistiques et
avifaunes (Poissons migrateurs et oiseaux)? Les pressions qui s’exercent sur
les milieux de la Baie de l’étoile sont-elles excessives ? Que peut-on attendre
de la participation des populations riveraines ? Comment anticiper les
changements globaux, notamment climatiques ?
Cet écosystème jouit déjà d’une
reconnaissance mondiale sur le plan écologique, biogéographique mais aussi
humain. Sur le plan socio-économique, la Baie de l’étoile joue un rôle
essentiel pour la ville de Nouadhibou (pêche, tourisme et loisir, élevage de
bivalves,…)
Le développement des
connaissances scientifiques a permis de lever le voile sur une partie des
secrets de ce trésor naturel et constitue la base des recommandations de
demande sociétale de classement et de gestion de cette Baie. En effet, l’IMROP
et l’ONISPA ont inscrit leur investigation scientifique et technique au niveau
de ce site dans une approche pluridisciplinaire (courantologie, sédimentologie,
physico-chimie de l’eau et des sédiments, bio-écologie, biodiversité,
socio-économie…) et complémentaire pour comprendre le fonctionnement global de
cet espace où s’imbriquent fonctionnement naturel, exploitation de certaines
ressources (pêche, sel, sable, herbier), conchyliculture, urbanisation,
tourisme.
Il se dégage à première vue que
ces projets et initiatives de développement se sont mis en place indépendamment
les uns des autres alors qu’ils présentent des préoccupations environnementales
communes. Ils ne s’inscrivent donc probablement pas dans la durabilité. Le
fragile environnement marin et terrestre de la Baie est donc soumis à une
pression croissante de l’activité humaine et au changement climatique dans
cette zone jusqu’à encore récemment presque intacte.
La Mauritanie inscrit ses actions
en faveur de la biodiversité marine et côtière dans le cadre de ses engagements
internationaux.
Elle a ratifié les trois
conventions signées au Sommet de la Terre, à Rio de Janeiro (Brésil) en 1992 :
la Convention sur la diversité biologique (CDB) la Convention sur les
Changements Climatiques et la Convention de lutte contre la désertification.
La CDB est le premier traité
conclu au niveau mondial qui aborde tous les aspects de la diversité
biologique, c’est-à-dire la protection des espèces, celle des écosystèmes et du
patrimoine génétique. En 2010, année internationale de la biodiversité, les Etats
Parties ont trouvé un accord avec l’adoption d’un plan stratégique en faveur de
la biodiversité, dit objectifs d’Aichi. L’Objectif 11 de cet accord précise que
« D’ici à 2020, au moins 17% des zones
terrestres et d’eaux intérieures, 10% des zones marines et côtières, y compris
les zones qui sont particulièrement importantes pour la diversité biologique et
les services rendus par les écosystèmes, sont conservées au moyen de réseaux
écologiquement représentatifs et bien reliés d’aires protégées gérées efficacement
et équitablement et d’autres mesures de conservation effectives par zone, et
intégrées dans les paysages terrestres et marins plus larges ».
Les aires marines protégées (AMP)
sont un outil largement utilisé pour aider à préserver la biodiversité marine.
Elles varient en taille et en complexité de gouvernance de petites AMP gérées
localement ou au niveau national à des AMP de grandes tailles en haute mer
gérées par des organisations multinationales.
Aujourd’hui, seulement 5,3% des
Océans du monde sont protégés dans des AMP mises en œuvre et gérées activement.
Environ la moitié de celle-ci, soit 2,5%, de l’Océan est hautement protégée par
des réserves marines intégrales (sans activités anthropiques).
En Mauritanie, les zones marines
protégées représentent un peu plus de 5 %. Ce qui la place dans la moyenne
mondiale, loin devant les pays de la région Cabo Verde, Maroc et au Sénégal.
Toutefois, la Mauritanie, à l’instar de presque tous les autres pays, n’a pas
atteint l’Objectif 11 d’Aichi pour 2020 qui était de 10%. La dernière création
d’une AMP y remonte à plus de 25 ans. Le classement de la Baie de l’étoile,
malgré sa petite taille, revêt donc une importance particulière.
Dans un prochain posting, nous
cherchons à évaluer si les pressions qui s’exercent déjà sur les milieux de la
Baie de l’étoile sont excessives et dans quelles mesures elles menacent
l’existence et l’intégrité de cette Baie.
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| Mahfoudh Sidi Nouadhibou |


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