Les risques NRBCe en Mauritanie : Nouadhibou au cœur des enjeux industriels et sécuritaires
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| Ould Mboirick: La moindre négligence par rapport aux normes et standards prévus en la matière peut être fatale. |
Econews La ville de Nouakchott a abrité récemment la première rencontre de l’équipe nationale chargée de la problématique nucléaire, radiologique, biologique, chimique et explosive (NRBCe), consacrée à l’élaboration d’un plan d’action national de gestion des risques NRBCe en Mauritanie.
Cette rencontre, organisée par l’Autorité nationale de radioprotection, de sûreté et de sécurité nucléaire (ARSN) — une instance créée en 2017 par arrêté du Premier ministre — en collaboration avec l’Union européenne, a permis aux participants de débattre, de manière scientifique, des moyens de prévention et de protection contre les dommages potentiels causés par les rayonnements ionisants sur les personnes exposées et sur l’environnement local.
Aborder la problématique des NRBCe en Mauritanie conduit inévitablement à la ville de Nouadhibou, qui abrite sur son territoire de nombreuses installations énergétiques générant d’importantes quantités de déchets de toutes sortes, le premier port commercial du pays, ainsi qu’un port minéralier accueillant de grands navires transportant des hydrocarbures, stockés et parfois raffinés dans la même zone. Il s’agit donc d’un sujet d’un intérêt majeur pour les habitants de Nouadhibou (Stéphanois).
Comprendre la circulation des risques NRBCe à Nouadhibou nécessite de souligner la présence, dans un rayon de quelques kilomètres seulement, de plusieurs installations énergétiques : des unités de raffinage de pétrole, des infrastructures de stockage couvrant plus de 90 % des besoins nationaux en hydrocarbures, une centrale électrique, la société Somagaz avec ses gigantesques réservoirs, ainsi qu’un port commercial très actif, comme mentionné précédemment.
Abdallah Brahim Mboirik, ingénieur en aviation civile et représentant de la Zone franche de Nouadhibou au sein du comité national (photo), plaide pour le partage des expériences et des bonnes pratiques dans la gestion des risques liés au stockage et au transport de ces produits dans les zones portuaires. Il met également l’accent sur le suivi quotidien de la situation des hydrocarbures, du matériel de santé, y compris les médicaments, soulignant que tous ces produits représentent un danger réel. La moindre négligence dans le respect des normes et standards en vigueur peut être fatale, a-t-il affirmé dans une déclaration à l’agence de presse Econews .
Ould Mboirik a ajouté que le président de l’Autorité de la Zone franche de Nouadhibou, M. Mohamed Ali Ould Sidi Mohamed, accorde une très grande importance à la problématique NRBCe et suit de près tout ce qui s’y rapporte, directement ou indirectement, à Nouadhibou. Il a également indiqué que des efforts sont en cours afin que la prochaine rencontre du comité national NRBCe se tienne dans cette ville.
De son côté, la population de Nouadhibou fait face au quotidien à la rareté des ressources et aux négligences répétées, priant pour que des catastrophes industrielles ne viennent pas aggraver une situation sociale et économique déjà fragile. Les habitants appellent à tirer les leçons de la tragédie survenue à Beyrouth, lorsque l’explosion d’un dépôt de nitrate d’ammonium a causé la mort de dizaines de personnes innocentes et bouleversé durablement la vie dans la capitale libanaise, à la suite d’une négligence qualifiée de criminelle.
Entre les deux ports — le port minéralier et le port autonome de Nouadhibou — les installations de raffinage du pétrole et de ses dérivés, la compagnie gazière et ses réservoirs, les entrepôts de produits chimiques, la centrale électrique, ainsi que les navires accostant quotidiennement, l’ensemble constitue de véritables bombes à retardement, composées de matériaux hautement inflammables et toxiques pour la santé publique. D’où la nécessité de les éloigner des zones résidentielles et d’éviter leur concentration en un seul site, afin de ne pas mettre en danger la vie et les biens des quelque 200 000 habitants de la ville.
Se pose enfin la question de l’état réel de ces installations, alors que les budgets alloués à leur maintenance sont souvent détournés à d’autres fins. Qu’en est-il également de la formation du personnel à la première réponse en cas de catastrophe, avant l’arrivée des secours spécialisés ? Et qu’en est-il de la préparation et de l’équipement de la Protection civile ? Un feu ordinaire s’éteint avec de l’eau, mais un incendie d’hydrocarbures nécessite une mousse chimique spécifique : nos sapeurs-pompiers disposent-ils de ces moyens ?
Nous, Stéphanois, souhaitons que les autorités compétentes apportent des réponses claires à ces interrogations fondamentales, car on ne peut ni maîtriser un incendie chimique, ni stopper une fuite de gaz, ni contenir une émission NRBCe avec de simples discours de « techniciens » amateurs, trop souvent négligents.
(Archives 2022 Agence Econews)

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