Montée des eaux à Nouakchott : l'urgence d'une stratégie nationale de résilience
Tribune - Oui madame la ministre. Merci d'avoir touché du doigt un problème majeur: quand la mer monte il faut que la volonté monte plus haut. Vous l'avez dit comme on dit les vérités qu'on ne peut plus taire: avec gravité,avec clarté.
Le problème de l'environnement ne doit plus être une option de l'agenda national. Il doit être l'agenda. Car ,pendant que nous parlons de gaz, de croissance et d'emplois,l'océan, lui, travaille. Silencieusement. Inexorablement. Aujourd'hui son verdict est tombé : toute la ville de Nouakchott est menacée par la montée des eaux. Ce n'est plus une hypothèse. C'est une adresse. C'est l'adresse de nos ministères,de notre port,de nos hôpitaux,de nos maisons. Alors soutenons la ministre dans sa quête de stratégie plus efficace et plus performante. Mais surtout ,faisons plus qu'applaudir. Nous avons besoin d'une stratégie à la mesure du défi.
Notre capitale est un miracle. Une capitale sortie du désert tenue à bout de bras par la volonté des hommes. Mais ce miracle a été construit sans se retourner vers la mer. Aujourd'hui la mer se retourne vers nous. Elle monte de quelques millimètres chaque année. Elle ronge Elmina. Elle s'infiltre dans les nappes du ksar et de Tevragh zeina. Elle transforme chaque forte pluie en marée urbaine. Demain ce ne sera pas une inondation qu'on gérera. Ce sera un déplacement. De populations,d'activités, de souveraineté. Si Nouakchott recule la mauritanie recule. La ministre a eu le courage de nommer le risque. L'histoire lui en sera reconnaissante. Elle doit persévérer dans cette voie avec plus d'acuité.
Il faut nécessairement passer de la gestion de crise à la stratégie de résilience. Passer du * colmatage * à la * conception*.
Par: Ghali Soufi

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