Quand fu découvert le premier Paquet de macaroni au Trarza (Humour)




Econewsmr - Éloignons-nous un instant, dans le temps comme dans l’espace, très loin du Palais des conférences et du Palais présidentiel…

 

À Hassi Khroufa (Trarza), dans les années 1930, une délégation de géologues Cheimama (colons français) oublia un paquet de pâtes — des macaronis — près du puits de la zone. Intrigués par son contenu, les jeunes du campement l’apportèrent sous les tentes.

Lorsque le chef de la tribu vida le paquet sur le sol, ceux qui l’entouraient battirent aussitôt en retraite, effrayés par ces « vers » desséchés.

Le cheikh en saisit un, l’examina longuement en le retournant entre ses doigts, le sentit, le goûta, puis le recracha aussitôt en déclarant : — Il n’a ni goût ni odeur.

 

Le conteur raconte :

Je leur dis alors que j’avais vu un nasrani (Français) verser un peu de vin dessus et le faire cuire… Pourquoi ne le cuirions-nous pas nous aussi ?

— Est-il permis de le cuisiner, ou même de le toucher ? demanda quelqu’un.

 

— Leur nourriture vous est permise, répondit un autre, citant le Coran à propos des Gens du Livre (chrétiens et juifs).

— Encore faut-il être sûr que ce n’est ni fait avec de l’alcool ni mélangé à du porc, répliqua un troisième.

 

Dans l’attente d’un avis juridique définitif, le chef tribal remit les « vers » dans leur récipient, les recouvrit d’un tissu et interdit qu’on s’en approche. Puis il demanda de l’eau pour se laver soigneusement les mains… 😂

Les discussions juridiques se poursuivirent toute la nuit.

 

Le lendemain matin, le cheikh décida finalement de cuisiner les vers desséchés, estimant qu’ils ne pouvaient être ni du vin ni du porc, au vu de leur apparence, qui évoquait quelque chose à base de farine. 😂

— Il s’agit sans doute d’une sorte de biscuit, dit-il, mais cru, non cuit…

 

Le conteur poursuit :

J’étais ravi de cette décision. Comme c’est moi qui avais trouvé cette « bouillie baptismale » et vu les Nsara la préparer, on me confia la tâche de la cuisiner.

 

Je pris une kambla (petite casserole ronde à ouverture étroite). J’y versai un peu d’eau, convaincu que ces vers n’absorberaient pas autant que le riz. Après avoir laissé l’eau bouillir un moment, je m’en remis à Dieu et y jetai trois ou quatre vers, en reculant aussitôt, de peur d’une explosion éventuelle…

 

Comme rien ne se produisait, je repris la casserole et la laissai sur le feu à côté de moi, tout en demandant aux curieux d’observer de loin. Ils obéirent, me laissant seul maître de la situation.

 

Quand j’entendis le bouillonnement, je soulevai le couvercle, mais l’ouverture étroite m’empêchait de voir l’intérieur. Je demandai une Merghaya (sort de cuillère en bois) ; on me la lança de loin.

 

En remuant, je constatai que les vers étaient devenus durs. J’éteignis alors le feu et attendis.

Au bout d’un moment, je retirai Lmerghaya : un petit morceau y était collé. Je le portai au cheikh.

 

Il l’examina attentivement, le sentit, le goûta, puis répéta : — Sans goût, sans odeur…

Un autre homme prit le bol, en préleva une plus grande quantité et la mangea : — C’est fade, mais c’est parce qu’il manque du sel et du citron vert.

 

— Rien n’est plus insipide que le fedgho (riz cuit à l’eau) sans sel ni conservation, déclara le cheikh.

 

Les hommes me demandèrent alors le sac. Ils en vidèrent tout le contenu — jusqu’à la dernière miette — dans une tasse. Après avoir goûté, tous s’accordèrent à dire que c’étaient bien ces « vers » que les Nsara utilisaient pour faire leur pain.

Ils moulent la farine, l’humidifient légèrement, puis la font sécher en lui donnant la forme de vermicelles, avant de la conserver dans un panier.

Le cheikh ajouta : — Au lieu de la manger avec du lait, ils l’accompagnent de vin et de porc…

 

— Que Dieu les punisse, qu’ils sont insensés ! s’exclama l’un d’eux.

« S’ils avaient écouté ou raisonné, ils ne seraient pas parmi les gens du Feu », conclut le cheikh, citant le Coran, avant de demander aux présents de garder le secret — de peur qu’on dise que nous avions mangé des vers, mais aussi par crainte que les Nsara ne découvrent l’affaire et n’exigent une compensation.

 

Il ne fait aucun doute que ces vers sont chers… 😄

 

Vu sur Facebook

 

Traduit par: Babbah Abidine

Pour Econewsmr.info


يتم التشغيل بواسطة Blogger.